En juin, le Musée du quai Branly fête son premier anniversaire

1 06 2007

Le musée des arts premiers, autrement nommé “musée du quai Branly” fêtera son premier anniversaire le 23 juin 2007. Et si l’Institut du monde arabe bat de l’aile, celui-ci connaît un succès impressionnant : en une année, il a accueilli 1 700 000 visiteurs, ainsi que des centaines de chercheurs ! Les prévisions initiales qui se situaient entre 800 000 et 1,2 millions de visiteurs ont donc été pulvérisées ! Surtout quand on sait que la capacité d’accueil maximale du musée est de 1,9 millions de visiteurs…

Point commun entre les deux musées : ils ont été élaborés par le même architecte, Jean Nouvel.
Le musée du quai Branly accueille des collections issues d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie.

Une semaine de festivités marquera cet événement :
- les 23 et 24 juin, l’accès au musée sera gratuit.
- Un concert
- Un colloque
- L’ouverture de deux nouvelles expositions.

Son directeur, Stéphane Martin explique un tel succès par le fait qu’il se situe “dans un contexte de gourmandise extrême du public envers les musées” et que “le bâtiment attire, et notamment son jardin”.

Pour les statistiques :
Les expositions temporaires ont accueilli 250.000 personnes, les spectacles 5.000 et l’Université populaire pilotée par la philosophe Catherine Clément 9.000.
20 % des visiteurs sont de Paris, 20 % d’Ile de France, 40 % des autres régions de France, et 20 % sont des touristes étrangers.
20 % des visiteurs n’avaient pas visité d’autres musées pendant l’année.

Le musée a tenu compte des critiques formulées lors de son ouverture, en améliorant les éclairages, la signalétique et l’accès aux personnes handicapées : un vidéoguide en langue des signes a notamment été créé.

Les collections ont continué à s’enrichir : 150 pièces ont été acquises cette année ! le musée est aussi un lieu de recherche et d’enseignement : 8 partenariats ont été conclu avec des institutions universitaires, le musée a accueilli 700 étudiants et organisé 2 grands colloques internationaux.
Le musée peut donc voir son succès justifié par son grand dynamisme !





Les oeuvres s’envolent à l’Institut du monde arabe – Episode 2

1 06 2007

Je vous ai parlé il y a peu du mystérieux balai des œuvres d’art à l’Institut du monde arabe : un inventaire avait pointé la disparition de quelques 800 œuvres, tandis que d’autres, on ne sait comment, avaient étrangement investi les réserves de l’IMA ! Dominique Baudis avait déposé une plainte. Depuis, le suspense s’est un peu dissolu…

Pour les 200 œuvres contemporaines qui ont été découvertes dans une pièce sensée être un débarras, le directuer du musée et des expositions, Brahim Alaoui, a expliqué qu’il s’agissait de dépôts provisoires d’artistes, de restes d’expositions, des cadeaux, accumulés au fil des années. Ce dernier a alors fait l’objet d’une mise à pied conservatoire.

Quant aux œuvres disparues, elles ont presque toutes été retrouvées, dispersées dans l’Institut, et même dans le bureau de Dominique Baudis !
Brahim Alaoui est toujours suspendu de ses fonctions. Oui, Brahim n’est pas très ordonné : Brahim, ranges ton musée !

Il y a en tout cas de quoi alimenter les luttes intestines qui se livrent en permanence à l’IMA. Bref, une bonne ambiance, un lieu où il fait bon travailler…! Et ce n’est pas vraiment le genre de publicité dont avait besoin l’IMA qui connaît quelques problèmes financiers. Le ministère des affaires étrangères lui a fait une petite injection de 3 millions d’euros, et le mécénat lui a permis de recueillir 1 million d’euros, pour lui permettre de “sauver” son année 2007.

Dominique Baudis devra également apurer les comptes en relançant les mauvais payeurs : la Lybie et l’Irak doivent à elles deux près de 30 millions d’euros. Il faudra également comprimer les dépenses et peut-être même envisager de louer la Médina aux pays arabes pour en faire une vitrine.

Autre problème : les collections du musée sont limitées et les finances disponibles ne permettent pas de les étendre. D’autant plus qu’elles seront bientôt concurrencées par le département d’art islamique qui ouvrira au Louvre en 2009. Pour Dominique Baudis, “le musée est à repenser entièrement”. Il envisage de transformer ce musée des beaux arts en muse des civilisations.





“Max Gallo élu à l’Académie française” OU “Un nouvel Immortel sous la coupole”

31 05 2007


L’écrivain Max Gallo a été élu ce jeudi 31 mai à l’Académie française au premier tour, occupant désormais le fauteuil n° 24, de Jean-François Revel. Il a obtenu 15 voix sur 28 votants, passant ainsi largement devant Claude Imbert, journaliste, qui a obtenu 5 voix. En juin 2000, l’historien et romancier avait déjà présenté sa candidature, mais n’avait obtenu que 6 voix. Tour de force, un non candidat, Bernard Henri, a obtenu une voix.
Agé de 75 ans, Max Gallo est l’auteur d’une centaine de romans, biographies et études historiques.
Issu d’une famille d’immigrés italiens, Max Gallo s’est fait connaître comme historien, puis a conquis le grand public avec des sagas romanesques telles que Les Patriotes, La bais des anges, La machinerie humaine, Bleu blanc rouge, ou encore Mort pour la France. Il a également écrit des biographies très remarquées consacrées à des personnages historiques aussi variés que Jean Jaurès, Garibaldi, Rosa Luxembourg, de Gaulle, Napoléon, César, Victor Hugo. Il est l’auteur de nombreux romans tels que France, La route Napoléon, Les fanatiques, Le regard des femme et de plusieurs œuvres de “politique fiction”.


Il a été professeur à l’Université de Nice, puis à l’Institut d’études politiques de Paris.
Il s’est également attaqué au journalisme : il a notamment été éditorialiste de L’Express pendant dix ans.

Egalement homme politique, Max Gallo a commencé par militer au parti communiste, jusqu’en 1956. Il s’est ensuite rallié au parti socialiste en 1981. En 1983 et 1984,il est secrétaire d’Etat et porte-parole du gouvernement Mauroy. Il quitte alors ses fonctions pour se consacrer à l’écriture et à son mandat de député européen de 1984 à 1994.
E 1992, il quitte le parti socialiste pour fonder le Mouvement des citoyens avec Jean-Pierre Chevènement. Il a abandonné la politique en 2004, mais a toutefois annoncé son soutien à Nicolas Sarkozy pour les élections présidentielles.

C’est donc un homme à plusieurs vies qui vient d’être élu.
Cette élection va permettre de commencer à reconstituer les rangs des “Immortels” qui se sont considérablement clairsemés depuis le printemps 2006, puisqu’en quelques mois ont disparu Jean-François Revel, Jean-François Deniau, Bertrand Poirot-Delpech, Henri Troyat, Pierre Moinot et René Rémond.
Seule une trentaine d’académiciens était en mesure de voter car certains étaient excusés pour cause de maladie, ou encore faute d’avoir été reçus, comme Alain Robbe-Grillet, élu en mars 2004 (pour la pointe d’insolence du jour, pourquoi les académiciens tardent-ils tant à recevoir les nouveaux élus : ils ne sont pas tout jeunes; si on continue ainsi ils n’auront pas le temps de siéger…).
Amin Maalouf avait déposé sa candidature mais l’avait ensuite retirée.

L’Académie française est pluridisciplinaire. Ses membres sont des historiens, scientifiques, sociologues, philosophes… Mais les purs écrivains se font de plus en plus rares, se tenant souvent à l’écart, comme Le Clézio, déjà plusieurs fois pressenti.





L’Inde s’invite au Grand Palais : “L’âge d’or de l’Inde classique – L’empire des Gupta”

28 05 2007

Le Grand Palais présente jusqu’au 8 juillet une exposition sur l’art de l’Empire des Gupta (IV° – VI° siècle après J-C). Il s’agit de l’apogée de la civilisation indienne : elle a permis une éclosion de l’art, des sciences, de la littérature, de la pensée religieuse.


L’art indien a acquis à cette époque un raffinement inédit. Il a ainsi imposé des canons esthétiques qui ont rayonné durant plusieurs siècles en Asie centrale et du Sud-est, au Népal.
Il a fallu plusieurs années pour convaincre les musées indiens qui rechignaient à prêter ces merveilles…


L’exposition retrace au travers de plus d’une centaine de sculptures la naissance, puis la diffusion de l’art Gupta (la présentation est donc chronologique).
Exposition inédite, puisque c’est la première fois qu’une exposition est consacrée exclusivement à ce thème en Europe ! Les matières (grès rose, bronze, terre cuite), et les effigies divines (bouddhiste, brahmanique, jaïne), à la fois spirituelles et profanes, gracieuses, élégantes, épurées ou théâtrales, nous font cheminer au cœur de la quintessence de l’art indien, qui a donné naissance à de nombreux courants artistiques ultérieurs.


Grand Palais, Paris – Jusqu’au 8 juillet.
Pour en savoir plus, consultez le site de l’exposition :
http://www.rmn.fr/inde-classique/





“Découverte controversée d’un trésor par Odyssey” OU “Le mystère du Cygne noir”

28 05 2007

Tout le monde connaît la fameuse chasse au trésor de Tintin dans le Trésor de Rakham le Rouge, et de l’exploration de l’épave du navire de l’ancêtre du capitaine Hadock.
Eh bien là, c’est pareil, enfin presque !

Disons que là le trésor était bien dans l’épave et que ça attise les convoitises. Laissez-moi vous raconter cette petite histoire de chasse au trésor :
Il était une fois une société américaine, l’Odyssey Marine Exploration, spécialisée dans la recherche d’épaves. Elle a découvert récemment une épave d’un navire qu’elle a provisoirement appelé le “Cygne noir” (Black swan). En parlant de pirates, il est certain que ce nom est directement inspiré de l’œuvre de Rafael Sabatini.

Cette société a annoncé le 18 mai 2007 (oui, là ce n’est pas “a long long time ago”! ) la découverte de ce qui pourrait bien être le plus important trésor jamais découvert : 17 tonnes de pièces d’argent (environ 500 000; votre poids en or, à côté, ce n’est rien), des centaines de pièces d’or, et de l’or travaillé ! Beau butin !

Si beau butin qu’il suscite nécessairement la controverse ! La société Odyssey n’a pas révélé le lieu exact de la découverte. L’Espagne a donc de lourds soupçons, pensant que le trésor était sans doute dans ses eaux territoriales. Soupçons tellement lourds que la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa de la Vega, n’a pas hésité à déclarer devant la presse qu’il s’agissait d’un “délit présumé de spoliation”.

Odyssey a fait immédiatement rapatrier le trésor à son siège de Tampa, en Floride. Sous prétexte de vérification de l’identité de l’épave, la société conserve toujours le secret de son emplacement, ce qui ne fait qu’alimenter la polémique. En attendant, ils l’ont baptisé le “Cygne noir” (ça fait très mystérieux, on voit d’ici les pirates ! ). D’après eux, il s’agirait d’un navire du XVIII° siècle au moins. Ils l’auraient découvert dans l’Atlantique, au-delà des eaux territoriales, ce qui ferait si cela est vrai qu’il ne serait soumis à aucune souveraineté.

Mais l’Espagne doute beaucoup : elle recherche activement si le navire n’était pas dans ses eaux territoriales et s’il n’était pas espagnol. Une enquête est en cours…

Et comme si cette affaire n’était pas assez romanesque, le ministère de la culture espagnol a affirmé que le trésor aurait été déchargé à Gibraltar, colonie britannique, pour s’envoler ensuite vers Tampa. Ce qui mêle la Grande-Bretagne à l’affaire ! L’Espagne s’est donc adressée aux ambassades britannique et américaine pour obtenir quelques renseignements sur les autorisations douanières ayant permis le transport du trésor par avion.

Un employé du port de Gibraltar aurait photographié une pièce présumée du trésor sur laquelle figurerait Charles III, roi d’Espagne à la fin du XVIII° siècle.

Devant cette situation, l’Espagne a annoncé la rupture d’un accord passé avec la Grande-Bretagne qui prévoyait une mission d’identification du HMS Sussex, autre épave, qui devait être confiée à la société Odyssey ! Le HMS Sussex est un navire de guerre britannique ayant sombré en Méditerranée, à l’ouest de Gibraltar. Il contiendrait lui aussi un impressionnant trésor qui devait financer la guerre du duc de Savoie contre Louis XIV.

Selon le ministère de la culture espagnol, le “Cygne noir” et le HMS Sussex pourraient n’être qu’un seul et même navire.

Autre hypothèse, cette fois évoquée par le Daily Mail : il pourrait s’agir du Merchant Royal, qui a fait naufrage en 1641 à la pointe sud des Cornouailles ! Parti de Cadix, il transportait vers Londres, pour la Couronne espagnole, la solde de 30 000 soldats ayant combattu dans les Flandres pendant la guerre de 30 ans.

Les spéculations vont donc bon train, et le mystère s’épaissit…





Restitution à la Lybie de la Vénus de Cyrène

28 05 2007

La Vénus de Cyrène va regagner la Libye ! La belle qui séjournait en Italie depuis près d’un siècle était réclamée depuis 1989 par la Libye.
En marbre blanc, elle date du II° siècle après Jésus-Christ… et n’a pas de tête ! Elle a été découverte en 1913 par les archéologues italiens sur le territoire libyen.

En 2002, Silvio Berlusconi alors ministre de la culture, a signé un décret de restitution.
Cet accord avait été contesté par des archéologues italiens. La procédure de restitution était suspendue en raison de l’introduction par l’association de défense du patrimoine “Italia Nostra” devant le Tribunal administratif du Latium. Ils avançaient que la statue avait en réalité été découverte sur le sol italien : la Libye était au moment de la découverte une colonie italienne, et ce jusqu’en 1942. Ce recours a été rejeté le 23 avril dernier. La jeune antique sera donc restituée !

Le ministère de la culture italien a considéré que cette décision était “cohérente avec l’action en cours au niveau international de la part de l’Italie”. En effet, le tribunal a considéré qu’une telle décision permettait de créer “un précédent utile pour promouvoir la récupération, au bénéfice de l’Italie, de pièces dérobées par d’autres Etats”.

En effet, de nombreuses œuvres italiennes nourrissent abondamment les musées du monde entier. L’Italie a d’ailleurs demandé la restitution de la Vénus de Morgantine, dérobée en Sicile, actuellement exposée au Musée Paul Getty à Los Angeles. L’Italie essaye de récupérer auprès du Getty 52 œuvres qu’elle considère comme illégalement détenues. Le Getty a accepté d’en restituer la moitié, arguant que les preuves étaient insuffisantes pour les autres pièces.

Marion True, l’ancienne conservatrice du Getty, est actuellement jugée à Rome pour association de malfaiteurs et de recel d’œuvres d’art. elle est également poursuivie en Grèce pour recel et vente d’un vestige de grande valeur : une couronne funéraire vieille de 2500 ans ! Il ne fait pas bon d’être conservatrice, au Getty ! Il n’est pas difficile d’imaginer où le romancier Ian Pears trouve son inspiration !

Ces litiges ne sont pas ares avec les musées pour les œuvres romaines. Et les restitutions sont en permanentes négociations. Le Museum of Fine Arts de Boston a accepté en 2006 de restituer 13 œuvres issues de fouilles clandestines en Italie en échange de prêts importants d’œuvres. Tout est négociable !





Les Grands moulins de Pantin : nouvelle vie pour une citadelle du patrimoine industriel

28 05 2007

Une citadelle architecturale de l’industrie va bientôt entamer sa nouvelle vie! Il s’agit des Grands moulins de Pantin, au nord de Paris. Depuis quelques jours, les engins de chantier s’affairent à rajeunir l’ancienne minoterie, avec ses passerelles, ses hautes et larges tours, ses passerelles et ses toits bombés , et ses façades éventrées.
Ce nouvel espace de bureaux permettra d’accueillir 3 000 personnes. Les travaux, dont le montant devrait approcher les 95 millions d’euros, s’achèveront en 2009.

Depuis leur construction dans les années 20, les Grands moulins avaient été remaniés plusieurs fois jusque dans les années 70. Le groupe Soufflet, propriétaire des lieux, avait cessé son activité sur le site en 2000.

L’ensemble a été racheté par Meunier Immobilier d’entreprise, filiale du groupe BNP Paribas : les 4,5 hectares de terrain permettront l’implantation de 50 000 m² de bureaux destinés à BNP2S, spécialisée dans les échanges boursiers.

Selon le directeur général adjoint de Meunier Immobilier d’entreprise, Frédéric Celdran, ce projet coûte près de une fois et demi plus cher qu’une construction neuve. Mais la société a investi sur l’image.

C’est l’architecte Bernard Reichen qui a été chargé de remodeler le site, restructurer, détruire, construire… Pragmatique, l’architecte a déclaré qu’il “ne s’agissait pas de faire ici un musée de la meunerie, mais de caser 25 000 m² de bureaux”. Cependant, les éléments concernés par la destruction sont des parties récentes, peu intéressantes au niveau architectural, et permettront de “dégager la silhouette caractéristique des Moulins”.
Les silos disparaîtront, les passerelles continueront d’enjamber le site, les façades seront plus ouvertes, jusqu’ la transparence du côté du canal de l’Ourcq. Et la lumière coulera à flots ! Les espaces s’ouvriront sur deux grands atriums.
Quant au transbordeur, il pourrait trouver une nouvelle vocation plus culturelle en devenant une médiathèque.

Les nouvelles constructions “en lames” seront reliées aux anciens bâtiments par des passerelles. L’un d’eux sera même intégré en partie à la façade de l’ancienne boulangerie.

Cette opération, plus que la mise en valeur du patrimoine industriel, a pour objectif de retisser les liens entre Paris et Pantin, séparés par le périphérique.

Le projet sera desservi par le tramway. Avec la création de deux ZAC, la construction de logements et la transformation d’autres grands ensembles industriels comme l’ancienne Halle aux cuirs, Pantin entre en pleine mutation.





Rothko et Warhol,stars des enchères d’art contemporain de New-York

28 05 2007

Encore des nouvelles de la planète art de New-York, lieu de tous les excès du marteau !
Et à New-York, on sacre d’abord les artistes américains en les propulsant jusqu’à des sommets incroyables !

Mark Rothko a plus que triplé son précédent record en atteignant les 72,84 millions de dollars. Sotheby’s peut s’enorgueillir d’avoir atteint le record absolu pour une œuvre d’art contemporain aux enchères !
Christie’s, jamais en reste face à son concurrent, a dès le lendemain réalisé un nouvel exploit : un expert chinois a acquis par téléphone une œuvre d’Andy Warhol pour 71,72 millions de dollars, Green car crash, soit le triple de son estimation et quatre fois son ancien record. Cette œuvre fait partie de la série Death disaster.

 

Green Car Crash – Andy Warhol


Cette enchère a une fois de plus prouvé le changement d’échelle de la concurrence dans les ventes aux enchères d’œuvres d’art : L’expert chinois a emporté l’œuvre au prix de ce record impressionnant contre Larry Gagosian, marchand d’art de Manhattan qui représente le pouvoir de la Nouvelle Amérique : il possède cinq espaces de vente entre Chelsea et l’Uptown Eastsiade.
Il a fait sensation lors de la vente car outre le Green Car Crash et les variations chromatiques des quatre Self Portrait (8,2 millions de dollars), loin de se contenter de Warhol, il a emporté un Willem de Kooning pour 19,08 millions, un Mark Tansey pour 1,8 millions, les Young Boys de Marlène Dumas pour 1,27 millions, les Airplanes de Wilhelm Sasnal pour 396 000 dollars.

 

 

Airplanes – Wilhelm Sasnal

 

En revanche, les œuvres se rapportant par leur sujet ou leur auteur à la Chine ne lui ont pas fait commettre de folies : il n’a pas poussé ls enchères jusqu’au bout pour le Mao de Warhol, et n’a pas enchéri du tout sur le Déjeuner sur l’herbe d’une nouvelle star de la peinture chinoise, Yue Minjun, une réinterprétation rose de l’œuvre de Manet.

Si l’Europe a emporté cette année des records notamment grâce à ses artistes impressionniste, les œuvres contemporaines américaines déchaînent la convoitise : les enchères ont fait atteindre le sommet aux artistes “postwar”.
Chez Christie’s, les dix plus hautes enchères ont porté aux nues l’expressionnisme abstrait des artistes américains : Warhol et Rothko donc, mais aussi Kooning, Jasper Johns, Donald Judd et Clyfford Still.
Jasper Johns et Clyfford Still ont tous les deux atteint des records, respectivement 17,4 millions de dollars et 9,84 millions.

Ces records incroyables sont le fruit de la mondialisation des ventes aux enchères. Les principaux acheteurs sont les nouvelles fortunes chinoises et les russes. Chose étonnante : leur choix des œuvres sur lesquelles ils jettent leur dévolu repose sur la renommée des artistes, leur présence dans les grands musées, mais aussi la personnalité du vendeur. Ainsi, il semblerait que le fait que le Rothko, record des ventes aux enchères d’art contemporain, ait été vendu par David Rockefeller ne soit pas indifférent. Ils s’achètent ainsi une légitimité, se hissent à la hauteur de la réputation des plus grandes fortunes mondiales.

Le milliardaire de 92 ans avait acheté cette œuvre en 1960 pour moins de 10 000 dollars sur les conseils de Dorothy Miller, conservateur du Museum of Modern art. Il s’agissait à l’époque d’une œuvre d’avant-garde. Il fait d’ailleurs la une de Art & Auction ce mois-ci.

Sotheby’s a réalisé un produit de 254,87 millions de dollars en 65 lots, et Christie’s pas moins de 384,654 millions pour 74 lots ! En additionnant 26 records ! Une vente d’at contemporain exceptionnelle !