L’OMC tranchera le litige américano-chinois sur les biens culturels OU “La bataille de polochon des géants”

29 11 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

Le point sur le litige – Les Etats-Unis attaquent la législation chinoise qui interdit aux entreprises américaines d’importer des produits culturels (livres, journaux, films, musique, vidéos) en Chine, et en limitent la distribution. Le fait d’imposer de telles restrictions empêche les distributeurs américains de vendre leurs produits en Chine, favorisant ainsi l’explosion du marché des produits de contrefaçon.

Les Etats-Unis se sont donc plaints de la situation. Une première plainte avait été bloquée.

La Chine s’est offusquée de cette plainte, considérant qu’elle permet un large accès des produits étrangers au marché chinois.

 

L’OMC tranchera le litige - Ce mardi, l’OMC (Organisation mondiale du commerce) a accepté de trancher le différent opposant les Etats-Unis et la Chine sur les biens culturels. L’Organe de règlement des différents va mettre en place un groupe de travail qui aura 6 mois pour se prononcer sur ce litige.

 

La nomination des juges de l’ORD - Taïwan a accepté la nomination d’une chinoise au poste de juge à l’OMC. Cela a marqué les premiers pas vers le déblocage d’une situation qui semblait partie pour s’enliser durablement. En effet, la délégation taïwanaise empêchait depuis plus d’une semaine la nomination de 4 juges de l’Organe de règlement des différents.

 

La bataille de polochons - La Chine a rejoint l’OMC en 2001, et les plaintes contre elle ne cessent d’affluer depuis lors.

Un second différent opposant les Etats-Unis et la Chine est en cours. Les Etats-Unis accusent la Chine de ne rien faire pour faire échec au développement de la contrefaçon et du piratage.

En réponse, la Chine a contre-attaqué en demandant à l’OMC de se prononcer sur les mesures anti-dumping et anti-subventions prises par les Etats-Unis contre le papier d’art chinois.





Monet au top des enchères impressionnistes londoniennes !

22 06 2007

Bassin aux nymphéas et sentier au bord de l’eau - Claude Monet

 

Un tableau de la série des Nymphéas de Claude Monet a été adjugé 27,4 millions d’euros lors d’une vente aux enchères se déroulant mardi chez Sotheby’s, à Londres.
L’œuvre a été peinte à Giverny en 1904, et n’avait pas paru en public depuis 1936 !
Elle a rejoint la seconde place au palmarès des ventes des œuvres de l’artiste, la première restant occupée par le Bassin aux nymphéas et sentier au bord de l’eau, en 1998.
Son Waterloo bridge, temps couvert caracolait à peu de distance, puisqu’il changé de propriétaire pour 26,5 millions d’euros, et les arceaux de roses, Giverny, 1913 pour 17,8 millions.
Monet est donc à l’honneur de cette période de vente d’art impressionniste !

Le Coq, de Joan Miro a été vendu chez Christie’s pour 9,8 millions d’euros chez Christie’s (toujours à Londres !). Il s’agit d’un record mondial pour cet artiste.
Le mousquetaire et nu assis de Picasso a presque atteint les 10 millions.
L’artiste Natalia Gontcharova a également atteint un record, avec son Picking apples, adjugé 7,3 millions d’euros.Il s’agit également d’un record pour une femme peintre ! (et re-!!!)





Koltès contre Comédie française : en route pour l’Acte II !

21 06 2007

Bernard-Marie Koltès

 

Retour sur le litige opposant François Koltès à la Comédie française dont je vous ai parlé il y a peu : le frère de Bernard-Marie Koltès a perdu ! Il a été condamné à indemniser la Comédie française à hauteur de 20 000 euros, pour violation de ses obligations contractuelles et abus du droit moral.
L’auteur d’une œuvre jouit de droits patrimoniaux et de droits moraux. L’un de ces droits moraux a pour but de préserver l’intégrité de son œuvre. Les droits moraux sont protégés par les ayants-droit après le décès de l’auteur. C’est ce point qui était ici débattu : le fait qu’un personnage arabe ne soit pas joué par un comédien arabe porte-t-il atteinte à l’intégrité de la pièce?

Le Tribunal de grande instance a retenu que le comédien retenu parlait parfaitement l’arabe et était donc apte à parfaitement dire les répliques dans cette langue.

Le litige ne s’arrête pas là puisque la maison de Molière a décidé de le poursuivre pour diffamation, suite aux fustigations du théâtre faites par l’ayant-droit dans la presse.
Et François Koltès a décidé de faire appel. Il ne s’agissait donc là que du premier acte ! A suivre !





Un mécène japonais offre un musée au Cambodge

21 06 2007

Le Japon offre un musée au Cambodge qui portera le nom du précédent roi : Norodom Sihanouk.
Situé au Nord du site d’Angkor Vat, au nord-ouest du Cambodge, il aura vocation à accueillir une exposition de 274 statues bouddhistes trouvées en 2001. Elles datent des 11ème et 13ème siècles, époque de l’apogée de l’empire Khmer. Ces statues de grès sont de dimensions très diverses : de 20 à 180 centimètres. Elles ont été découvertes par des archéologues japonais près d’Angkor Vat, l’ancienne capitale du royaume Khmer, et haut lieu du tourisme archéologique au Cambodge, bien connu pour ses temples.

Le généreux donateur des 810 000 euros ayant permis de mener à bien ce projet est le géant japonais de la distribution Aeon.
Le musée exposera sur deux étages les œuvres sur plus de 1800 m². Il sera inauguré le 2 novembre 2007. Le projet se développera par la suite au-travers d’une bibliothèque et d’un centre éducatif.
Il sera la propriété du gouvernement, et des archéologues cambodgiens seront associés au projet. Le but est que le peuple cambodgien préserve lui-même son patrimoine culturel.





Bonne nouvelle pour le cinéma : la Commission prolonge l’actuel régime des aides !

15 06 2007

La Commission européenne a pris la décision de prolonger jusqu’à la fin de l’année 2009 le régime des aides au cinéma européen. Elles ont pour but d’aider au financement des œuvres cinématographiques et audiovisuelles de l’Union européenne.

Cette décision a été prise en duo, par la commissaire aux médias, Neelie Kroes, et la commissaire à la Concurrence, Viviane Reding, afin de stimuler l’industrie européenne, sur un marché très concurrentiel.

En septembre 2001, des règles avaient été adoptées sur les aides publiques au cinéma, et devaient expirer le 30 juin 2007. Elles visaient à faciliter l’octroi d’aides financières des Etats ou régions à leur industrie cinématographique : en principe, les aides ne peuvent dépasser la moitié du budget du film, sauf pour les films à petit budget ou difficiles à financer. Contre subvention, un Etat membre peut obliger un producteur à dépenser jusqu’à 80 % du budget du film sur son territoire.
Ces mesures ont déjà contribué à la progression de la fréquentation des salles de cinéma, avec une hausse de 3,6 % entre 2005 et 2006, les films européens représentant une part des billets vendus de plus en plus importante, et de plus en plus de films sont produits en Europe.

Mais pour 2009, un nouveau régime sera sans doute créé, qui prendra probablement en compte le territoire de l’Union, et plus celui des Etats (les 80 % du budget du film devront être dépensés sur le territoire de l’Union européenne, et plus seulement dans un Etat membre spécifique).





Chasse au trésor dans un ancien palais de la famille royale de Grèce

15 06 2007

Constantin II

 

L’ancien domaine de la famille royale de Grèce, à Tatoï, au nord d’Athènes, livre ses secrets ! Ou plutôt ses trésors…
Mais ici, pas de fouilles, pas de plongée sous-marine, pas de terre à retourner… Il suffit d’ouvrir les caisses. Des caisses très riches, qui ont livré aux experts du ministère de la culture leur butin de plus de 200 antiquités et 300 tableaux. Scellées, elles ont été oubliées là pendant des décennies : la propriété a été désertée par l’ex-famille royale en 1967, lors de son départ en exil, au début de la Junte des Colonels.

Elles ont été découvertes dans le cadre d’une opération lancée il y a trois mois, pour revaloriser le domaine. 21 archéologues et restaurateurs sont ainsi mobilisés pour cette chasse aux trésors pleine de surprises. Les petites merveilles, stockées dans les écuries, n’ont heureusement pas trop souffert de leurs conditions de conservation peu adaptées.
La plus belle pièce : un vase de 760 avant J-C, absolument intact ! Mais on trouve aussi des amphores, une fiole à parfum en verre de l’époque romaine, une cinquantaine d’icônes (les plus anciennes remontent au XVI° siècle), et 326 tableaux…
Malheureusement, ces derniers ont été attaqués par la moisissure, car ils étaient entreposés dans le sous-sol.

Les œuvres regagneront peu à peu leurs vitrines, dans le palais, pour se dévoiler au public.
Suite à une longue bataille juridique, les œuvres sont depuis 2002 la propriété de l’Etat grec. En 1991, Constantin, l’ex-roi, installé à Londres, avait pu récupérer une partie de ses biens. Cela avait causé un véritable scandale : la gauche avait argué qu’il s’agissait d’un pillage des biens nationaux. La monarchie, abolie en 1975 par référendum, est très impopulaire.
En janvier 2007, l’Etat grec a tenté de s’opposer à une vente aux enchères d’une partie du patrimoine royal, chez Christie’s à Londres.

La tâche des archéologues est loin d’être terminée : après le palais, il leur faudra explorer les 37 bâtiments répartis sur 4 700 hectares, et qui seront également à aménager pour accueillir le public.

Les visiteurs ne peuvent donc pas espérer découvrir le domaine et ses trésors avant cinq ans !

Petite précision : il ne s’agit pas sur cette photo de la maison abandonnée que possédait feu ma grande-tante Philomène près de Deauville, décédée depuis, paix à son âme, et qui vient régulièrement la hanter avec quelques autres cataplasmes ! Non, c’est un ancien palais de la famille royale de Grèce ! Un peu sinistre, la demeure….





“Vogue en beauté” - Les belles s’invitent à la BNF

15 06 2007

Mario Testino

VOGUE, l’emblématique magazine de mode, ouvre ses archives jusqu’au 2 septembre, pour une exposition à la Bibliothèque Nationale de France – François Mitterrand, à Paris.
Les œuvres des plus grands photographes retraceront l’évolution de la beauté des Années folles à nos jours, au-travers d’une centaine de clichés. L’exposition s’intitule “vogue en beauté, parcours photographique 1920 – 2007″.

Les visiteurs vogueront donc devant les belles, photographiées par Helmut Newton, Erwin Blumenfeld, Man ray, Irving Pen, et bien d’autres encore ! Il s’agira des photos de l’édition française. Une véritable ode à la beauté de la femme et aux moyens de l’embellir (du corset à la chirurgie esthétique…) !

Pour Georges Vigarello, historien-sociologue-anthropologue, auteur du livre contenant les photographies de l’exposition, cette rétrospective, découpée en sept grandes périodes, montre l’évolution des canons de la beauté et des modes de vie, “du culte des apparences à la culture du mieux-être, de l’ère des diktats au comble de l’individualisme, de l’unique ligne à suivre à une conception de l’harmonie résolument plurielle”.

Pour Delphine Royant, l’éditrice de Vogue Paris, l’exposition montre bien que le magazine américain, créé en 1920, “a toujours été au-delà de l’audace, presque dans la transgression” “a toujours été à l’avant-garde”, et a “précédé les avancées socio-culturelles.

“Vogue en beauté”, Bibliothèque Nationale de France – François Mitterrand.
Jusqu’au 2 septembre 2007.





Comédie française contre François Koltès : Atteinte au droit moral ?

1 06 2007

Un différent oppose actuellement la Comédie française et l’ayant droit du dramaturge Bernard-Marie Koltès, son frère François Koltès, sur un problème de droit moral.
Le Tribunal de grande instance de Paris rendra son jugement le 20 juin.
François Koltès avait autorisé un minimum de trente représentations du Retour au désert par la Comédie française. Suite à un échange de lettres entre les parties, l’avocat de la Maison de Molière, Christian Charrière-Bournazel, a dénoncé ce qu’il qualifie d’abus de pouvoir de la part de François Koltès.
L’ayant droit a en effet refusé que la pièce soit représentée au-delà des trente représentations car le rôle d’Aziz n’est pas tenu par un comédien arabe; ce qui pour lui constituerait une atteinte au droit moral du dramaturge.

L’avocat de la Comédie française argue qu’il n’est mentionné à aucun moment dans le contrat que le rôle d’Aziz soit joué par un arabe. Il met en avant ce qui est pour lui une “prétention tout à fait étonnante d’exiger que les acteurs soient choisis en fonction de la couleur de leur peau”. Il souligne également “l’incohérence” du comportement de François Koltès qui ne s’était pas ému du choix de l’acteur lors des lectures de la pièce : “Si l’atteinte au droit moral était si intolérable, pourquoi François Koltès n’est-il pas intervenu dès la première représentation ?”.

Au contraire l’avocat de François Koltès a cité un écrit de Bernard-Marie Koltès où il indiquait qu’il tenait à ce qu’un “rôle d’Africain soit joué par un Africain car on ne joue pas plus une race qu’un sexe”. Lors de représentation de la pièce en Allemagne, à Hambourg, il avait semble-t-il émis le souhait que “les rôles d’Arabe soient joués soit par des Arabes, soit par des Turcs soit par des Pakistanais”. Il a avancé le fait que François Koltès aurait pu se contenter d’encaisser les droits d’auteur et laisser faire, mais qu’il avait choisi d’être le “porte-parole de son frère décédé.
Rappelons enfin au passage, que la mise en scène de la pièce de Samuel Beckett, En attendant Godot, dans une version féminine alors que Beckett avait toujours indiqué que la pièce ne pouvait être jouée que par des hommes, a été considérée comme attentatoire à son droit moral.

Cette affaire suscite l’émoi dans le milieu théâtral, d’autant plus que Martine Chevallier a reçu un Molière de la meilleure comédienne pour son rôle dans la pièce.

Le même jour, le Tribunal devra également rendre un jugement sur une procédure engagée par la Comédie française contre François Koltès pour diffamation.